Le mobilier liturgique

Conduite par le Père G. Drouin, une relecture théologique de l’intérieur de Notre-Dame va dessiner, au centre de l’édifice, un axe transversal rythmé par les grands signes de la liturgie : le baptistère, symbole de l’éveil à la vie chrétienne, l’ambon, tribune du Verbe qui se donne en lecture, l’autel, support de la liturgie de la messe, le tabernacle, ce ‘cœur dans le chœur’ qui voile le Mystère eucharistique et enfin la Croix de Gloire, signe qui commémore, pour l’ensemble des fidèles, le triomphe éternel du Christ sur la mort.

L’entrée se fera désormais par le portail central ; la nef, libérée en semaine d’une partie de ses assises, offrira au regard une ligne pure, reliant dans sa rectitude les cinq pôles symboliques, qui sont aussi les jalons propres à tout catéchumène.

L’autel

Parmi eux, l’autel possède un statut particulier : sa position au carrefour du transept et du chœur consacre l’éminence de sa fonction et donc, naturellement, sa centralité au sein du nouvel axe liturgique.

Notre-Dame de Paris possède plusieurs autels. Le plus utilisé était celui du sculpteur Jean Touret, commandé par le cardinal Lustiger et réalisé en 1989. Cette œuvre contemporaine, contrepoint au maître-autel du XVIIe siècle, situé devant la Pietà, rompait avec l’esthétique néo-gothique de Viollet-le-Duc : un coffret de laiton, orné d’effigies en bronze massif*, symbole de l’ère “lustigérienne” de la cathédrale. Placé à l’avant du chœur, il permettait au clergé célébrant d’officier plus près de l’assemblée.

L’autel a survécu à l’incendie, mais a été enfoncé par l’effondrement de la voûte de la croisée du transept. Il sera donc remplacé par une nouvelle création, plus large et assortie aux futures pièces (ambon, tabernacle) qui prendront place dans le chœur. N’oublions pas qu’avec le nettoyage complet des intérieurs, l’édifice sera plus éclatant que jamais lors de sa réouverture. Or, si le cadre est changé, c’est l’ensemble des éléments qu’il faut repenser pour maintenir l’unité esthétique de Notre-Dame.

*À l’avant, les quatre évangélistes ; sur les côtés, les prophètes Ezéchiel Daniel, Jérémie et Isaïe.

Le tabernacle

Le tabernacle est le cœur de toute église. Pour les chrétiens, il incarne la résurrection du Christ qui se donne en nourriture et manifeste sa Présence eucharistique.

Avant l’incendie, plusieurs tabernacles se trouvaient dans la cathédrale. Le principal – une imposante pièce d’orfèvrerie conçue par Viollet-le-Duc – trônait sur une colonne de marbre rouge placée dans le chœur, à gauche de la Pietà. Contrairement à d’autres objets, il a été épargné par l’incendie.

Cependant, les équipes du programme souhaitent lui substituer un nouveau tabernacle, dont la contenance permettrait d’abriter l’ensemble de la réserve eucharistique de Notre-Dame. Placé au centre du maître-autel, dans l’axe liturgique, il incarnera le cœur toujours vivant de la cathédrale.

L’ambon

L’ambon, tribune servant aux lectures liturgiques, n’a quant à lui pas survécu au drame. Il fait partie des éléments indispensables au culte et à la reprise des offices en 2024. Il sera rétabli à sa place, devant le chœur, face à l’assemblée des fidèles.

Je donne pour le mobilier liturgique de Notre-Dame

© Photos Marie-Christine Bertin, Yannick Boschat – Diocèse de Paris, Notre-Dame de Paris, Fondation Notre Dame