Un reliquaire pour la Couronne d’épines

Le soir de l’incendie, les équipes menées par Laurent Prades parviennent à sauver la Couronne d’épines, rapportée de Terre Sainte par Saint Louis en 1239. Les pompiers ont agi dans l’urgence pour extraire la relique de son écrin de verre ; aussi ce dernier a-t-il été brisé dans l’opération.

Détail de la châsse-reliquaire dessinée par Viollet-le-Duc

En avril 2020, à l’occasion du Vendredi Saint, l’archevêque de Paris fait revenir la Couronne dans Notre-Dame, où des milliers de fidèles venaient la vénérer avant l’incendie – un moment fort, destiné à commémorer la Passion du Christ, mais aussi à transmettre un message d’espoir pour l’édifice. Il importe à présent de rendre à cet objet, si précieux aux chrétiens comme à l’Histoire de France, un reliquaire qui fasse honneur à son statut. Une mission exigeante, quand on sait que ce fragment porte plus de seize siècles de prières…

La Couronne d’épines fait partie intégrante du parcours liturgique dont elle marquera l’acmé, à l’extrémité orientale de l’église. Placée dans la chapelle axiale, derrière la Pietà du chœur, elle présidera un espace dédié à la prière et la vénération.

Dans le cadre du programme des aménagements intérieurs, une proposition de reliquaire a récemment été soumise à l’archevêque. Elle méritera d’être approuvée par les autorités compétentes du Ministère de la Culture dès le premier trimestre 2022. Imaginée par l’architecte et designer Sylvain Dubuisson, elle vise à concilier esprit contemporain et respect de la tradition dans une vision immersive, qui associe la gloire à la simplicité.

C’est dans son atelier de Courbevoie que l’artiste a conçu, avec toute la délicatesse qu’un tel projet suppose, le modèle présenté en 2021. Suivant ses plans, une grande iconostase* en bois abriterait la relique, visible au centre dans une auréole en céramique. Ainsi, sa sacralité serait soulignée par un agencement de formes évocatrices de l’écrin qui l’enclot. L’usage du bois de cèdre, pour cette structure d’inspiration byzantine, rappellerait l’humilité du Christ. Invité dans cette mystique, le fidèle se recueillerait dans un espace pensé, d’une part, comme commémoration d’une révélation glorieuse, universelle par essence ; d’autre part, comme théâtre du dialogue intime qui se fait en prière, dans le cadre de la vénération ainsi suscitée.

*dans une église de rite byzantin, cloison à trois portes décorée d’icônes fermant le chœur où officie le clergé célébrant.

Je donne pour le reliquaire de la Couronne d’épines

© Photos Marc-Antoine Mouterde, André Finot, Fondation Notre Dame