Les Mays de Notre-Dame

Penser la réouverture de Notre-Dame, c’est anticiper un regard nouveau sur ses trésors. C’est aussi revaloriser les chefs-d’œuvre qui ont échappé aux flammes de l’incendie. Parmi eux les Mays, tableaux emblématiques de l’histoire de la paroisse, méritent toute notre attention. Dons de la corporation des orfèvres parisiens, ils furent offerts à la cathédrale chaque année le 1er mai, de 1630 à 1707, avec l’accord des chanoines. Les sujets choisis – les Actes des apôtres*, les Évangiles ou les thèmes fondateurs de la Contre-Réforme** -, et leur mise en œuvre dans des toiles de grand format incarnent le renouveau de l’art religieux au XVIIe siècle. Aujourd’hui, seules 13 de ces toiles demeurent dans leur lieu d’origine ; elles ont pour elles, non seulement le style grandiose des peintures du Grand Siècle, mais aussi un ancrage décisif dans la tradition que nous souhaitons voir revivre. C’est pourquoi elles occupent une place de choix dans le futur parcours catéchuménal, qui va redonner sens à la présentation du patrimoine artistique de Notre-Dame.

*livre du Nouveau Testament faisant suite aux Évangiles et rapportant l’histoire des premières communautés chrétiennes.

**au XVIe et XVIIe siècles, mouvement de réaction de l’Église catholique contre la réforme protestante.

Charles Le Brun, Le crucifiement de Saint André, 1647

Le 14 décembre, les Mays étaient à l’honneur lors d’une conférence organisée par la Fondation Notre Dame à l’Institut Catholique de Paris (6e). Delphine Bastet, docteure en histoire de l’art, y a présenté l’ouvrage qu’elle a récemment consacré à ce cycle unique. Cet évènement prend place dans le cadre du programme des aménagements intérieurs, approuvé par la Commission Nationale du Patrimoine et de l’Architecture (CNPA), qui prévoit notamment la réinstallation des Mays dans les chapelles de la nef. Mises en valeur, ces œuvres classiques dialogueraient avec des créations contemporaines respectant à la fois le cadre et le thème spécifique de chaque chapelle : la Genèse, l’Exode, la Sagesse, la Charité, l’Espérance etc.

Retrouvez Les Mays de Notre-Dame de Paris de Delphine Bastet aux éditions Arthena

Laurent de la Hyre, La Conversion de Saint Paul, 1637

Sont également intervenus lors de la conférence le Père G. Drouin, concepteur du projet présenté à la CNPA, et Mgr Éric Aumonier qui a rappelé la vocation plurielle du programme : continuer l’histoire de la cathédrale et affirmer la permanence de la liturgie. Ainsi, dès 2024, les visiteurs pourront redécouvrir ce patrimoine pictural et s’initier à la foi qui l’inspire.

Pour voir la restauration des Mays de Notre-Dame, cliquez ici.

© Photos Notre-Dame de Paris